Progression ou perfection?

25 novembre 2019

Pourquoi il ne faut pas viser la perfection lors d’un processus de changement ?

Parce que c’est le meilleur moyen de ne pas y arriver. De vous décourager rapidement. Et par conséquent, de perdre encore un peu de votre estime de vous (« je suis vraiment nulle, je ne suis même pas capable de tenir le coup plus de 2 semaines »), et de ne plus rien oser entreprendre d’autre dans votre vie.

Votre plus grand frein, c’est le mental. Vouloir trop bien faire. Se fixer un objectif inaccessible.

Récemment, en discutant avec une personne qui avait pour habitude de ne jamais prendre le temps pour un petit-déjeuner ni un lunch, elle me dit (avec une mine un peu renfrognée, pas du tout contente d’elle) : « J’ai commencé à déjeuner de temps en temps… Mais bon, pas tous les jours, ce n’est pas suffisant ! » Un peu dommage de le présenter comme cela, ne trouvez-vous pas ?

Une progression, même d’un tout petit pas, c’est mieux que rien du tout.  Soyez bienveillant avec vous-même. N’oubliez pas de vous féliciter pour le trajet parcouru. Pensez aux 4P : « le plus petit pas possible ». Vous n’atteindrez pas un idéal demain ? Non, soit… Et vous trouverez toujours quelqu’un pour vous dire :

« L’avocat, c’est pas écolo ! ». Ou «  La courgette, c’est pas de saison ! ».

Je suis une ancienne responsable d’une « Ruche qui dit oui » (pour ceux qui ne connaîtraient pas : réseau de distribution alimentaire en circuit court). Les producteurs locaux, les produits de saison, je connais. Je fais partie de ces gens qui s’étonnent de voir des tomates dans les rayons des supermarchés en plein hiver. Cela me saute littéralement aux yeux, ça me choque, ça bug, ça n’a rien à faire là. Manger de saison, c’est pleinement intégré chez moi. Si je fais parfois un écart là-dessus ? Oui, comme pour le reste, ça m’arrive. Si je mange des avocats ? Oui. Dans mon alimentation ultra variée, ils font partie du tableau, de façon occasionnelle. Si je conseille d’en manger tous les jours ? Non. Je conseille de trouver la juste mesure.

« Tu bois du Gin Tonic ? C’est pas cohérent de boire de l’alcool dans ton cas !! ».

Oui, je bois un bon Gin Tonic quand je sors avec mes copines. J’adore ça. Pas cohérent ? Je n’ai jamais prôné la vie d’ascète. Je prône la gourmandise, le bien-être, la joie et le plaisir.

« Sacrilège ! Tu bois un fond de mousseux alors que tu es enceinte ??? Toi ?!? Mais non !! »

Mais si… Je fête ma grossesse avec vous. Et ce ne sont pas les 3 gorgées d’une boisson à 8% d’alcool que j’ai bues 3 fois sur ma grossesse qui vont faire de mon bébé un débile mental.

« Ah mais tu achètes des produits en ligne? C’est pas crédible alors que tu veux promouvoir le commerce local ! »

Oui, j’évite les supermarchés, l’industriel sous toutes ses formes, les produits importés de Chine. Sauf quand la boîte de magnésium me coûterait 12 euros de plus en l’achetant en pharmacie. Parce que comme tout le monde, j’ai un budget à gérer. Très très souvent, j’achète un peu plus cher parce que c’est plus éthique, qu’il y a moins ou pas du tout d’emballage, que c’est plus sain, plus local, plus ceci ou plus cela. Mais j’ai mes limites. Oui je fais mes courses chez des producteurs locaux ou dans des magasins bio indépendants. Et parfois, je file chez Carrefour pour une dépanne.

« Tu parles de zéro déchet et tu utilises du lait végétal ! Mais ça se vend dans des cartons! »

Je fais au moins 70% de mes courses (alimentaire, cosmétiques et produits d’entretien) en vrac. Si je génère encore des déchets ? Oui. Plus ou moins que la moyenne dans le monde occidental ? Moins, assurément. Si j’ai encore une marge de progression ? Oui et j’y songe au moins une fois par semaine. Je suis constamment en train d’agir.

« Oui mais l’idéal de vie, c’est le végétalisme. »

Oui… mais non. Peut-être pas pour tout le monde, à n’importe quel âge et n’importe comment. Pas si tu te fournis en viande chez un producteur local et bio, que tu connais le patron et que tu as vu les bêtes dans leur pré. Pas si tu as ton propre poulailler. Pas si tu es carencé en fer. Pas si tu es en pleine croissance. Pas si tu es enceinte. Bref… Ne généralisons pas et félicitons-nous pour les progrès plutôt que pour l’écart qu’il reste à combler.

Pas cohérent, pas crédible, pas parfait,… Qu’on se le dise : Rien ne sera jamais parfait. Et on ne juge pas une œuvre inachevée. Ce qui compte, c’est le chemin parcouru. Les petits pas en avant. Et ceux qui restent derrière auront toujours envie de vous décourager ou de vous dénigrer. Ce n’est pas de la malveillance, il ne faut pas leur en vouloir. C’est peut-être pour se rassurer et justifier leur inertie. L’humain est ainsi fait. Entourez-vous de personnes qui vous tirent vers le haut. Face aux autres, faites la grenouille* et sortez vos boules quiès.

La perfection est votre pire ennemie. Ce qui compte, c’est la progression. En alimentation comme dans n’importe quel domaine.

Prenez soin de vous!

Stéphanie


* La métaphore de la grenouille

une fois par an, dans le monde des grenouilles, une course était organisée.

Tous les ans cette course avait un objectif différent. Cette année là, il fallait arriver au sommet d’une vieille tour.

Toutes les grenouilles de l’étang se rassemblèrent pour les voir et les encourager.

Et la course commença …

Une fois la course engagée, les grenouilles ne croyaient pas possible que les concurrents atteignent la cime de la tour.

Et toutes les phrases que l’on entendit furent :

« Impossible ! Elles n’y arriveront jamais ! » et on pouvait encore entendre ci et là :

« Leur physionomie ne leur permet pas d’y arriver ! »,

« Elles vont se dessécher avant d’y arriver »,…

Les grenouilles commencèrent à se décourager les unes après les autres.

Toutes, sauf quelques unes qui, courageusement, continuèrent à grimper.

Et les gens continuèrent à crier :

« Vraiment pas la peine ! Personne ne peut y arriver, regarde, elles ont presque toutes abandonné ! »

Et les dernières grenouilles s’avouaient vaincues, sauf une qui continuait de grimper envers et contre tout.

Seule et au prix d’un énorme effort, atteignit la cime de la tour…

Les autres, stupéfaites, voulurent savoir comment elle y était arrivée.

L’une d’entre elles s’approcha pour lui demander comment elle avait réussi l’épreuve

Et elle découvrit…

Qu’elle était sourde !


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